Le CE1 est l’année où les nombres changent d’échelle. Votre enfant quitte les nombres jusqu’à 100 du CP pour travailler jusqu’à 1 000, il découvre le signe × et ses premières tables de multiplication, il rencontre les fractions et commence à manier les centimes d’euro. Voici ce que dit le programme, dans l’ordre où il le dit, et ce que vous pouvez faire à la maison sans transformer la soirée en cours du soir.
Le texte en vigueur
Depuis la rentrée 2025, le CE1 suit le programme de mathématiques du cycle 2 fixé par l’arrêté du 22 octobre 2024, publié au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024. Il remplace les programmes de 2020 : un cahier d’exercices ou un site qui s’appuie encore sur ces derniers n’est plus à jour.
Trois choses à savoir avant d’entrer dans le détail :
- Les nombres et le calcul passent avant tout. Au moins les deux tiers du temps de mathématiques sont consacrés aux nombres, au calcul et à la résolution de problèmes. Le reste va aux mesures, à la géométrie et aux données.
- Pas de calculatrice. Le programme l’exclut au cycle 2, sauf pour des élèves à besoins particuliers. Le but est que le calcul se construise dans la tête et sur le papier.
- Des repères par période. L’année est découpée en cinq périodes, d’une vacance à l’autre. Le programme indique pour certaines notions la période où elles doivent commencer, et pour d’autres un niveau attendu en fin d’année, parfois chiffré.
Les nombres jusqu’à 1 000
La centaine est abordée dès le début de la période 1, et au plus tard en période 2 les élèves travaillent avec des nombres jusqu’à mille. La raison est donnée par le texte lui-même : commencer tôt laisse toute l’année pour que ces nombres deviennent familiers avant le CE2.
Votre enfant apprend à :
- compter des collections en faisant des paquets de dix et de cent ;
- lire, écrire en chiffres et en lettres un nombre dicté ;
- passer d’une écriture à une autre : 635, c’est 6 centaines, 3 dizaines et 5 unités, mais aussi 63 dizaines et 5 unités, ou 600 + 30 + 5 ;
- comparer, ranger et encadrer des nombres avec les signes =, < et > ;
- placer des nombres sur une demi-droite graduée de un en un, de dix en dix ou de cent en cent ;
- utiliser les nombres ordinaux jusqu’au centième.
Les difficultés classiques
Le zéro est le premier piège. Un enfant qui entend « quatre-cent-cinq » écrit souvent 4005, parce qu’il écrit ce qu’il entend, morceau par morceau. La même confusion fait hésiter entre 405 et 450.
Le second piège est plus discret. Le programme demande de comprendre des écritures comme « 2 centaines, 27 dizaines et 14 unités ». Un enfant qui lit les chiffres sans réfléchir écrit 22714 ; un enfant qui a compris les échanges (dix dizaines font une centaine) trouve 484. C’est cette compréhension que l’école cherche, pas seulement la lecture des chiffres.
Le calcul
Les tables d’addition : douze en une minute
Les tables d’addition apprises au CP doivent devenir quasi instantanées, et dans tous les sens : 4 + … = 12, 5 + 3 = …, 10 = 7 + … Le programme fixe un repère : en fin de CE1, un élève complète douze égalités de ce type en une minute.
La multiplication et les premières tables : huit en une minute
Le CE1 introduit le signe ×, lu « fois ». L’enfant comprend que sept paquets de vingt biscuits, c’est 20 ajouté sept fois, et que 7 × 20 est une façon plus courte de l’écrire.
Il apprend aussi que l’ordre des facteurs ne change pas le résultat. Le programme prend l’exemple d’un potager : huit colonnes de quatre salades, vues dans l’autre sens, font quatre rangées de huit. Cette propriété, la commutativité, divise presque par deux le nombre de résultats à retenir.
Les tables de multiplication s’apprennent progressivement, sur toute l’année, avec des facteurs de 0 à 10. Le repère de fin d’année est de huit égalités complétées en une minute, du type 4 × … = 12 ou 10 = 2 × … Le texte précise que la mémorisation peut encore être imparfaite en fin de CE1 : elle sera renforcée au CE2. Votre enfant n’est donc pas en retard s’il hésite encore sur 7 × 8 en juin.
La notion de nombre pair et impair est aussi au programme.
Doubles, moitiés et calcul mental
Le programme liste des résultats à connaître par cœur : les doubles des nombres de 1 à 15, de 20 à 50 de cinq en cinq, de 100, 150, 200, 250, 300 et 500 ; les moitiés des nombres pairs jusqu’à 30, des dizaines de 40 à 100 et de quelques centaines jusqu’à 1 000 ; les multiples de 25 jusqu’à 100. Là encore, le repère est de huit égalités en une minute.
S’y ajoutent des procédures enseignées explicitement :
- ajouter 9, 19 ou 29 en ajoutant 10, 20 ou 30, puis en retirant 1 ;
- retirer 9 en retirant 10, puis en ajoutant 1 ;
- multiplier par 10 un nombre inférieur à 100, en comprenant que chaque chiffre prend une valeur dix fois plus grande ;
- calculer 13 × 7 comme 10 × 7 plus 3 × 7.
Pour ces calculs, l’objectif de fin d’année est de douze résultats en trois minutes. Le programme prévoit des séances de calcul mental quotidiennes en classe.
Le calcul posé
L’addition posée en colonnes est utilisée dès le début d’année. La soustraction posée arrive au plus tard en période 3, avec un seul algorithme choisi par l’école pour tout le cycle. Si vous avez appris une autre méthode, demandez à l’enseignant laquelle est utilisée avant de montrer la vôtre : deux techniques concurrentes embrouillent plus qu’elles n’aident.
Les fractions
Les fractions entrent au CE1, toujours comme des parts d’un tout. Le travail commence en période 2 avec les fractions de numérateur 1 (un demi, un tiers, un quart…), puis les autres fractions jusqu’à 1. À partir de la période 4, les élèves comparent des fractions simples. Les dénominateurs se limitent à 2, 3, 4, 5, 6, 8 et 10.
La difficulté classique est que 1/3 est plus grand que 1/6, alors que 3 est plus petit que 6. Partager deux bandes de papier identiques, l’une en trois, l’autre en six, règle la question mieux qu’une explication.
Les problèmes
La résolution de problèmes est le fil conducteur de l’année. Le programme demande au moins dix problèmes par semaine, dont certains très courts, posés à l’oral. Votre enfant doit savoir reconnaître plusieurs types :
- les problèmes « parties-tout » : on connaît le total et une partie, on cherche l’autre ;
- les problèmes de comparaison : Léo a 188 billes, Lucie en a 75 de plus ;
- les problèmes en deux étapes, par exemple un achat puis la monnaie rendue ;
- les problèmes multiplicatifs simples et les premiers partages équitables.
Pour s’aider, il apprend à dessiner un schéma en barres. Le programme insiste sur un point qui intéresse directement les parents : un mot de l’énoncé ne dicte pas l’opération. « Plus » n’annonce pas toujours une addition. Un enfant qui cherche le mot-clé au lieu de comprendre l’histoire se trompe dès que l’énoncé change de tournure. Demandez-lui plutôt de raconter le problème avec ses mots.
Grandeurs et mesures
| Domaine | Ce que le CE1 ajoute | Repère du programme |
|---|---|---|
| Longueurs | mètre, centimètre, kilomètre | 1 m = 100 cm, 1 km = 1 000 m ; mesurer avec une règle |
| Masses | gramme, kilogramme | 1 kg = 1 000 g ; peser, comparer, estimer |
| Monnaie | les centimes d’euro | centimes au plus tard en période 2, écriture à virgule à partir de la période 3 |
| Heure | heures au-delà de 12, demi-heures, quarts d’heure | lire et régler une horloge à aiguilles ; durées en heures et minutes |
Deux remarques. L’écriture à virgule n’est pas attendue pour les longueurs et les masses : au CE1, elle n’apparaît qu’avec les prix. Et la monnaie sert de porte d’entrée aux nombres décimaux : 2 € et 5 centimes s’écrit 2,05 €, et non 2,50 €. Cette distinction, que le programme signale expressément, mérite d’être travaillée.
Pour l’heure, l’erreur la plus fréquente consiste à lire la petite aiguille comme l’heure suivante dès qu’elle dépasse la moitié du cadran. À 2 h 45, elle est presque sur le 3, et beaucoup d’enfants lisent 3 h 45.
Espace et géométrie
En géométrie, votre enfant :
- reconnaît et nomme cube, pavé, boule, cylindre, cône et, nouveauté du CE1, pyramide ;
- compte les faces, les arêtes et les sommets d’un cube ou d’un pavé ;
- reconnaît carré, rectangle, triangle, triangle rectangle, cercle et disque, et justifie sa réponse par les côtés et les angles droits ;
- utilise la règle, l’équerre et le compas ;
- distingue un angle droit, un angle aigu et un angle obtus ;
- se repère sur un plan et code un déplacement.
Les tracés demandent de la précision manuelle, et le programme reconnaît qu’ils exigent un entraînement régulier.
À la maison, en dix minutes
Les mathématiques du CE1 se prêtent bien à la vie quotidienne. Quelques idées, à piocher selon la journée :
- Faire payer. Confiez à votre enfant quelques pièces pour acheter le pain. Demandez-lui combien on va lui rendre avant que le boulanger ne le fasse.
- Lire l’heure sur une horloge à aiguilles. « Il est quelle heure ? Dans un quart d’heure, il sera quelle heure ? »
- Peser et mesurer. Une recette, une balance de cuisine, un mètre ruban pour mesurer la table : les unités prennent du sens quand on les manipule.
- Poser une égalité à trou. En voiture : « 6 plus combien font 10 ? », « 2 fois combien font 14 ? »
- Chercher des rangées. Une boîte d’œufs, une tablette de chocolat, des carreaux de fenêtre : combien de rangées, combien dans chaque rangée, combien en tout ?
- Inventer un problème. Racontez une petite histoire avec des nombres et laissez-le trouver la question, puis la réponse.
Dix minutes régulières valent mieux qu’une heure le dimanche.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- Faire réciter les tables en litanie. Un enfant qui récite « 3 fois 1, 3 ; 3 fois 2, 6… » recompte depuis le début. Posez les questions dans le désordre.
- Ajouter de la pression au chronomètre. En classe, la fluence est mesurée en temps limité, et le programme demande que ces tests deviennent des routines sans stress. À la maison, la vitesse viendra d’elle-même avec la régularité.
- Avancer le programme. Les fractions décimales ou la division posée viendront plus tard. Une notion mal installée en avance gêne plus qu’elle n’aide.
- Donner la réponse trop vite. Laissez le temps de chercher, de dessiner, de compter sur ses doigts s’il le faut.
Avec Zibou
Zibou est gratuit, sans publicité et sans compte obligatoire. Il propose aux élèves de CE1 plusieurs jeux alignés sur ce programme :
- Le chemin (Les nombres) : niveaux « Compter jusqu’à 1 000 » et « Comparer jusqu’à 1 000 » ;
- Les cailloux (Additions et soustractions) et Le panier (Compléments à 10), dont les niveaux de fin de CP servent de révision en début d’année ;
- Le grand arbre (Tables de multiplication) : de « Tables de 2, 5 et 10 » à « Toutes les tables », chaque multiplication étant dessinée en branches chargées de fruits ;
- Les noisettes (Calcul mental) : doubles, moitiés, tables à trou, ajouter ou enlever 9, 19, 29, multiplier par 10 et 100 ;
- Les parts (Fractions et décimaux) : moitié, tiers et quart, lire, comparer et additionner des fractions, sur des barres dessinées ;
- Les énoncés (Résoudre des problèmes), L’horloge (heures pile, demi-heures, quarts d’heure, sur un cadran à aiguilles), Les mesures, Le marché (payer avec des pièces et des billets) et Les formes.
Aucun jeu n’est chronométré : les étoiles dépendent seulement de la justesse des réponses. En persévérant, votre enfant gagne des graines.










